Contes et métaphores

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LES CONTES

Les histoires de héros et d’héroïnes commencent  souvent par une blessure, par une perte, ou une injustice, et se terminent par des actes héroïques de restauration et  d’amour qui transmettent des dons. Nos blessures sont souvent des ouvertures vers la meilleure et la plus belle partie de nous-mêmes. Nous nous rappelons tous la cruelle marâtre des conte de fées. Dans un conte, cet archétype est souvent un élément nécessaire pour que le héros ou l’héroïne devienne un personnage puissant et riche. Il faut précisément tout ce mal et toute cette douleur pour que survienne la grande émancipation 

 Les contes et les métaphores sont des outils qui permettent d’appréhender nos croyances d’une manière différente. Ce sont des outils puissants qui ont le pouvoir de faire bouger nos résistances au changement . 

Régulièrement, je vous  propose de découvrir ou redécouvrir  un conte ou une métaphore.

Un explorateur pressé d’atteindre

Sa destination au cœur de l’Afrique

Promit une prime à ses porteurs indigènes

S’ils acceptaient d’accélérer l’allure.

Pendant plusieurs jours

Les porteurs pressèrent le pas.

Un après-midi, pourtant, ils refusèrent de continuer,

s’assirent tous par terre

et posèrent leurs fardeaux.

On aurait pu leur offrir encore davantage d’argent,

Ils n’auraient pas bougé.


Lorsque l’explorateur leur demanda

la raison de ce comportement,

voici la réponse qu’il obtint :

« Nous avons marché si vite

Que nous ne savons plus ce que nous faisons.


Maintenant, nous devons attendre

Que nos âmes nous rejoignent. »

Paulo Coelho

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Conte Japonais 

Un samouraï se présente devant le maître zen Hakuin et lui demande :

« Y-a-t-il réellement un paradis et un enfer?

– Qui es-tu ? lui demande le maître?

-Je suis le samouraï

-Toi, un guerrier! s’exclame Hakuin. Mais regarde toi ! Quel seigneur voudrait t’avoir à son service? Tu as  l’air d’un mendiant .

La colère s’empare du samouraï. il saisit son sabre et le dégaine.

Hakuin poursuit:

-Ah bon! tu as même un sabre! mais tu es sûrement trop maladroit pour me couper la tête !

Hors de lui, le samouraï lève son sabre, prêt à frapper le maître. A ce moment là, celui-ci lui dit:

-Ici s’ouvrent les portes de l’enfer 

Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaine son sabre et s’incline.

– Ici s’ouvrent les portes du paradis »  lui dit alors le maître

.NAISSANCE

Lorsque la chenille, devenue chrysalide, a pratiquement achevé sa transformation en lépidoptère, il lui reste une épreuve à passer pour devenir véritablement papillon. Elle doit réussir à déchirer le cocon au sein duquel s’est opérée sa transformation, afin de s’en libérer et de prendre son envol.

Si la chenille a tissé son cocon petit à petit de façon progressive, le futur papillon ne peut en revanche pas s’en libérer de la même façon, en y allant progressivement. Il doit cette fois réunir assez de force dans ses ailes pour réussir à déchirer son carcan de soi d’un seul coup.

C’est précisément grâce à cette ultime épreuve et à la puissance qu’elle demande au papillon d’accumuler dans ses jeunes ailes que celui-ci développe la musculature dont il aura ensuite besoin pour voler . Celui qui ignore cette donnée importante et qui, s’imaginant  » aider » un papillon à naître, déchire son cocon à sa place verra naître un lépidoptère totalement incapable de voler. Ce dernier n’aura pas pu utiliser la résistance de sa soyeuse prison pour construire la force dont il aurait eu besoin pour s’arracher à cette gangue et s’élancer ensuite dans le ciel.

Une aide mal inspirée peut ainsi se révéler nuisible, voire mortelle

Extrait de  « La grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite  » de Olivier Clerc

...

« La princesse vit un homme qui se déplaçait à quatre pattes en effectuant des petits bonds.

-Qu’est-ce qu’il fait ? demanda-t-elle en sortant sur le perron pour mieux voir

-Oh, ça? C’est un prince. Il se prend pour un crapaud, lui dit Willie comme si de rien n’était. Si vous trouvez cela bizarre, attendez de voir le crapaud se promener avec sa grande cape, son sceptre et sa couronne. Il se prend pour un prince. Je vous avais prévenue que par ici les gens sont dans la  plus  grande confusion. Même les fleurs ne savent plus où elles en sont.

-Les fleurs? Mais comment les fleurs peuvent-elles être dans le confusion?

-C’est facile, dit Willie elles se sentent coupables.

-Mais de quoi une fleur peut se sentir coupable? demanda la princesse d’un air sceptique

-De profiter des rayons du soleil, de prendre de l’espace, d’absorber par leurs racines la nourriture de la terre.

-Et pourquoi devraient-elles  se sentir coupables de cela?

-Parce qu’elles pensent qu’elles n’en valent pas la peine

-Mais ne savent-elles pas à quel point elles sont belles et elles sentent bon? Et tout le plaisir qu’elles nous procurent? Je n’oublierai jamais les heures merveilleuses passées au milieu des roses.

-Oui mais ces fleurs là ne connaissent pas leurs propre valeur… »(…)

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« Ils arrivèrent bientôt devant un singe qui se tenait sous un arbre au bord d’une grande mare.

-Attends, je vais t’aider, sinon tu vas te noyer, dit le singe en sortant un poisson de l’eau au creux de la main. Le singe posa ensuite le poisson sur une branche avec mille précautions.

-Que fait-il? Il va mourir le poisson! s’exclama la princesse.

– Il croit qu’il aide le poisson, lui répondit Willie

-Est ce qu’on peut faire quelque chose?

– Ce n’est pas la peine, ici les poissons ont appris à se tirer d’affaire, quand les singes veulent les aider.

-Vous voulez dire que ça arrive souvent?

Ouais, mais il y a pire . Car si vous pensez que c’est terrible de voir un singe qui veut aider un poisson… attendez de voir ce qui se passe quand une personne veut en sauver une autre(…)

La princesse et Willie regardèrent le poisson se libérer d’un bond et plonger gracieusement dans la mare avant de disparaître sous l’eau.

– Je vois ce que vous voulez dire:les poissons savent très bien s’en sortir » (…) »

Extraits de La Princesse qui croyait aux contes de fées

de Marcia Grad

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Chapitre : le camps des voyageurs perdus

« Autrefois, au temps où les hommes étaient  des dieux, ils abusèrent de cette situation. Leur maître Brahma décida de leur enlever ce pouvoir et de le cacher dans un endroit où il serait impossible à découvrir.

Les dieux se réunirent et discutèrent. Ils proposèrent d’enterrer la divinité de l’homme sous terre. Brahma répondit :

– Cela ne suffit pas, l’homme creusera et la trouvera.

Les dieux répliquèrent :

– Mettons-la au plus profond des océans.

Mais Brahma affirma :

– Tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs; il la découvrira et la remontera à la surface.

Le maître des dieux eut alors une idée :

– Voici ce que nous ferons : nous la cacherons au plus profond de lui. C’est le seul endroit où il ne la cherchera jamais. »

-Comment puis-je aider le monde?

– En le comprenant répondit le maître

-Et comment le comprendre?

-En te tenant à l’écart du monde

– Mais alors, comment puis-je servir l’humanité?

– En te comprenant toi-même.

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Un homme alla voir un tailleur et essaya un costume. Dans le miroir il remarqua que le bas de la veste n’était pas tout à fait droit.

-Oh dit le tailleurs, ce n’est pas un problème! Il suffit que vous teniez le bas avec votre main gauche, et personne ne remarquera rien.

Le client obéit, mais alors il remarqua que le revers se relevait un peu.

-Oh, ça?, dit le tailleurs, Ce n’est rien. Tournez un peu la tête et maintenez le avec le menton. Il n’y paraîtra plus.

Le client obtempéra, mais alors il remarqua que la taille du pantalon, n’était pas tout à fait longue et que cela le gênait un peu à l’entre-jambe.

-Oh dit le tailleurs, ce n’est pas un problème. Tirez un peu dessus avec votre main droite tout sera parfait .

Le client en convint et acheta le costume .

Le lendemain il mit son costume neuf en prenant toutes les postures ad hoc.Tandis qu’il traversait le parc en boitant, le menton collé sur le revers, une main tirant sur la veste et l’autre sur l’entrejambe deux vieillards interrompirent leur jeu de dames pour l’observer.

-Seigneur! s’exclama le premier, regarde ce pauvre infirme !

Le second réfléchit un instant, puis murmura :

– Oui, c’est terrible, mais vois tu je me demande …

Où a-t-il eu un si beau costume?

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Il était une fois trois petits mulots qui s’affairaient dans les champs en prévision de l’hiver. Le premier cherchait frénétiquement des provisions et transportait toutes sortes de graines dans son trou. Le deuxième battait la campagne en quête de tout ce qui pourrait lui permettre de se protéger du froid, et il remplissait son terrier de paille, de foin et de duvet. Et le troisième mulot? Lui, se promenait de-ci de-là en regardant le ciel, goûtant au spectacle de la nature, quand il ne s’allongeait pas pour se reposer un moment.

Ses deux laborieux compagnons le houspillaient en partant au travail et lui disaient: » Quel paresseux tu fais! Si tu ne prépares pas l’hiver, comment te débrouilleras-tu lorsque la bise sera venue? »

Mais le troisième mulot n’essayait même pas de se justifier.

Quand l’hiver arriva,les trois mulots s’abritèrent dans leur tanière encombrée de provisions. Ils ne manquaient ni de vivres ni de literie douillette, mais ils n’avaient rien à faire de toute la journée. Peu à peu l’ennui s’installa, et ils ne savaient pas comment passer le temps .

Alors le troisième mulot commença à raconter des histoires à ses deux compagnons: il leur parla de l’enfant qu’il avait vu au bord du champs  un après-midi d’automne, d’un homme qu’il avait observé près de la mare un matin d’été. Il  leur rapporta des conversations qu’il avait eues avec d’autres mulots du champs voisin: il leur chanta la chanson d’un oiseau qu’il avait entendue au printemps….

C’est à ce moment là seulement que les deux mulots travailleurs comprirent que pendant toute la belle saison leur compagnon avait recueilli des rayons de soleil pour les aider à passer agréablement l’hiver.

…si certaines activités semblent n’avoir aucune utilité pratique, elles peuvent apporter la paix et l’harmonie à l’âme

Extrait de  » Le bonheur selon Confucius » de Yu Dan

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Les deux loups

Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s’était montré injuste envers lui :

« Laisse-moi te raconter une histoire… Il m’arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n’en éprouvent aucun regret. Mais la haine t’épuise, et ne blesse pas ton ennemi. C’est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J’ai souvent combattu ces sentiments »

Il continua : » C’est comme si j’avais deux loups à l’intérieur de moi; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l’entoure et ne s’offense pas lorsqu’il n’y a pas lieu de s’offenser. Il combat uniquement lorsque c’est juste de le faire, et il le fait de manière juste. Mais l’autre loup, ahhhh…! Il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage.

Il se bat contre n’importe qui, tout le temps, sans raison. Il n’est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l’intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit. »

Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda :  » Lequel des deux loups l’emporte, grand-père ? »

Le grand-père sourit et répondit doucement : « Celui que je nourris. » 

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Par une soirée d’hiver, des porcs-épics se serraient les uns aux autres pour se réchauffer par leur chaleur mutuelle. Très vite ils ressentirent les piqûres  de leurs épines.

Et ils se séparèrent

Plus tard, le froid les ayant réunis à nouveau, les piqûres se reproduisirent tant qu’ils furent partagés entre deux maux jusqu’à ce qu’ils aient trouvé la bonne distance entre eux.

La crainte du vide et de la solitude de l’âme individuelle pousse les hommes à vivre en société et à aller l’un vers l’autre; mais leurs nombreux travers souvent les éloignent. La juste distance, lorsqu’ils  la trouvent enfin, et grâce à laquelle ne vie commune devient possible est la politesse et la courtoisie.

Arthur Schopenhauer Maximes et pensées

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Deux moines descendirent de leur temple dans la montagne pour mendier. En arrivant au bord d’une rivière, ils trouvèrent une jeune-fille qui se demandait comment la traverser.Le plus âgé des deux dit à la jeune-fille: » Je vais vous porter sur mon dos.  » et il la transporta ainsi sur l’autre rive.

Le plus jeune moine fut si choqué qu’il n’osa pas demander d’explications. Il poursuivirent leur chemin , et au bout d’une vingtaine de li ( mesure chinoise qui valait autrefois environ 576 mètres et aujourd’hui exactement 500 mètres) ne pouvant plus se contenir, il demanda au vieux moine: » Maître, nous sommes des moines , nous avons fait voeu de célibat, alors comment avez-vous pu faire traverser la rivière à cette femme sur votre dos? « 

Le vieux moine répondit calmement:  » Tu as vu que je l’ai chargée sur mon dos et que je l’ai reposée aussitôt après avoir franchi la rivière. Comment se fait-il que tu rumines cette pensée depuis vingt li et que tu ne t’en sois pas encore débarrassé?« 

Morale de cette histoire selon Confucius: quand il est temps de se décharger d’un fardeau, il faut le poser  terre. En se montrant tolérant avec autrui, on s’octroie en fait beaucoup plus d’espace personnel.

Anecdote bouddhiste extraite de « le bonheur selon Confucius » de Yu Dan

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A la recherche du bonheur…

Sous un réverbère, un monsieur visiblement éméché scrute longuement le trottoir. Survient un policier qui s’enquiert de l’objet de ses recherches:

«  J’ai perdu ma clé » répond l’ivrogne

Et les deux hommes se mettent à chercher ensemble. Au bout de quelques minutes le policier s’étonne:

-Vous êtes bien sur de l’avoir perdue ici, votre clé? 

-Non je l’ai laissée tomber plus loin, par là-bas, mais il fait beaucoup plus sombre

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Vouloir posséder les biens de l’autre …

Dans un monastère isolé dans la montagne vit un maître Zen. Dans son monastère tout  y est simple: un mobilier sobre, juste ce qui est nécessaire pour que le maître Zen puisse vivre de façon calme et méditative.

Une nuit, un voleur vient s’emparer des quelques meubles du maître Zen: il les pose dans une charrette et repart en tirant sa charrette. Au bout de quelques kilomètres il se retourne et voit assis dans la charrette, sur un des meubles entreposés, le maître zen qui lui dit calmement:  « Maintenant que tu m’as tout pris, il va falloir que tu m’assumes… »

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Le pot de fleurs

Tang était un petit ouvrier dans un royaume d’Orient. Il travaillait le cuivre et fabriquait de magnifiques ustensiles qu’il vendait sur le marché. Il était heureux de vivre et avait une bonne estime de lui-même. Il n’attendait que de trouver la femme de sa vie. Un jour, un envoyé du roi vint annoncer que celui-ci désirait marier sa fille au jeune homme du royaume qui aurait la meilleure estime de lui-même. Au jour dit, Tang se rendit au château et il se trouva au milieu de plusieurs centaines de jeunes prétendants.

Le roi les regarda tous et demanda à son chambellan de remettre à chacun cinq graines de fleurs, puis il les pria de revenir au printemps avec un pot de fleurs issues des graines qu’ils avaient eues.

Tang planta les graines, en prit grand soin, mais rien de se produisit, ni pousse, ni fleurs. A la date convenue, Tang prit son pot sans fleurs et partit au château. Des centaines d’autres prétendants portaient des pots remplis de fleurs magnifiques et se moquaient de Tang et de son pot de terre sans fleurs.

Alors le roi demanda que chacun passe devant lui pour présenter son pot. Tang arriva, un peu intimidé devant le roi : « Aucune des graines n’a germé votre majesté », dit-il. Le roi lui répondit : « Tang, reste ici auprès de moi ! »

Quand tous les prétendants eurent défilé, le roi les renvoya tous, sauf Tang. Il annonça à tout le royaume que Tang et sa fille se marieraient avant l’été prochain. Ce fut une fête extraordinaire ! Tang et la princesse devenaient toujours plus amoureux l’un de l’autre. Ils vivaient très heureux.

Un jour, Tang demanda au roi, son beau-père : « Majesté, comment se fait-il que vous m’ayez choisi pour gendre alors que mes graines n’avaient pas fleuri ? »

« Parce qu’elles ne pouvaient pas fleurir, je les avais fait bouillir durant toute une nuit ! Ainsi, tu étais le seul à avoir assez d’estime de toi-même et des autres pour être honnête ! C’était un tel homme que je voulais comme gendre ! »répondit le roi.

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Il était une fois, une petite fille qui habitait la ville. Chaque été, elle rejoignait sa maison de campagne située à côté d’un immense champ de fleurs. Elle adorait courir parmi ces fleurs multicolores aux mille parfums. Elle les cueillait, les mettait dans ses cheveux et en faisait de magnifiques bouquets.

Derrière ce champ, habitait une vieille fée, amie de la petite fille. La fée connaissait bien les plantes, les fleurs et leurs propriétés magiques. A vrai dire, la nature n’avait aucun secret pour elle. La petite fille aimait à retrouver son amie lorsqu’elle préparait ses potions à base d’éléments naturels. Un beau matin, alors qu’elle traversait avec plaisir son champ préféré jonché de fleurs, la petite alla rendre visite à son amie. En la voyant arriver, la vieille fée lui dit : « Tu arrives juste à temps, je m’apprêtais à aller ramasser quelques éléments naturels pour mes potions. Veux-tu m’accompagner ? ». 

la-bonne-fee-prepare-une-_4c0397bf3be11-p (1) La petite fille accepta et son amie lui remit un panier pour la cueillette. C’était une magnifique journée chaude et ensoleillée, idéale pour aller au champ. Là bas, les deux amies remplirent leur panier de tout ce que la nature pouvait leur offrir. La petite cueillait avec plaisir toutes les belles fleurs qu’elle aimait tant, tandis que la fée ramassait toute sorte de racines, champignons, et autres plantes.

20303441-illustration-de-panier-rempli-de-fraises-et-de-fleurs Les paniers devenant de plus en plus lourds, la petite proposa de bon cœur à sa vieille amie de porter son panier pour la soulager. « Bien volontiers. Je te confie mes petits trésors. », lui répondit cette dernière. Tandis qu’elles cheminaient, la vieille fée continuait à remplir son panier de mousses, de bois et même de petits cailloux, qui alourdirent considérablement le poids du panier pour la petite fille, qui devait faire plusieurs pauses pour reprendre son souffle. Mais la veille fée fit mine de ne pas voir que la petite suait en portant ce panier devenu beaucoup trop lourd pour elle. 

Les deux amies continuèrent leur promenade jusqu’à ce que la veille fée se retourne avec sagesse vers la petite fille et lui dise : « Tu n’es pas obligée de porter mon panier ma chérie. Ce panier m’appartient, c’est le mien. J’ai choisi de recueillir tout ce qu’il y a dedans parce que cela me convient. Tous ces éléments là, j’en ai besoin, c’est pour moi. Tu n’es pas responsable de mon panier. Je suis responsable de mon panier et tu es responsable du tien ma belle. Or, en t’occupant de mon panier, qui est si lourd, tu as besoin de tes deux mains et de tes deux bras. Si bien qu’à la fin, tu n’arrives même plus à cueillir ce que tu veux pour toi : les fleurs que tu aimes, les fruits qui te font envie car tes deux bras sont occupés à porter mon panier devenu trop lourd pour toi. Dépose donc mon panier. » . La petite compris la leçon de sa douce amie la vieille fée.

d’après l’histoire originale de divinecopine.com

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La naissance du diable

Comment le diable est-il né? Voici:

Dieu se sent seul. Donc il essaie de créer, de pétrir le monde. Mais comment faire ? Il ne sait pas. Il s’y prend mal, échoue, recommence, s’énerve, et puis: « A quoi bon? »se dit-il.

De dépit il jette sa canne. Elle tombe, heurte  le sol, le diable apparaît .

C’est une anecdote tzigane, et sa morale dit ceci: le démon fait son nid dans tes creux de fatigue. Ne te décourage jamais .

Extrait des  » Petits contes de sagesse pour temps turbulents » d’Henri Gougaud 

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Et si le cours de notre vie ressemblait au cours d’eau d’une rivière?

Si l’on regarde le tracé d’une rivière sur une carte, entre sa source et le fleuve où elle se jette, on la voit tantôt avancer droit, tantôt zigzaguer, parfois même repartir en sens contraire. Celui qui naviguerait sur ses eaux pourrait avoir le sentiment d’hésitations et de contradictions permanentes dans son parcours.

Il arrive même à ses flots de stagner longuement quand ils se jettent dans un marais ou un lac qu’ils remplissent, avant de reprendre leur course de l’autre côté.

Pourtant si l’on étudie une coupe latérale du terrain où s’écoule cette rivière, on constate qu’elle ne cesse jamais un instant de progresser le long de la pente qui la conduit  inexorablement jusqu’au fleuve. Même ses revirements, même ses zigzags et ses stagnations font partie du trajet le plus court vers son embouchure, compte tenu des obstacles présents sur sa route.

A-t-on jamais vu le moindre cours d’eau remonter une pente?

Extrait de « Même lorsqu’elle recule la rivière avance »

de Olivier Clerc 

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Remplissez votre guitare de sable, et maintenant jouez-en! Le résultat est médiocre, alors que vous disposez d’un bon instrument.

Il en va de même avec vous -même. Pour rentrer en résonance, il faut d’abord vider tout ce sable qui vous encombre. Au fur et à mesure de ce processus de nettoyage, les notes deviendront de plus en plus belles.

Extrait de « Entrez en Résonance » de Frederic Theismann

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Sur les à priori

Une vieille dame s’arrête un soir dans un restaurant d’autoroute.

Elle va au self-service et prend une soupe chaude puis va s’asseoir toute seule à une table. Elle se rend compte qu’elle a oublié de prendre du sel.

Elle se lève, erre un peu dans le restaurant avant d’en trouver et retourne à sa table. Mais en revenant, elle y trouve un homme assis qui plonge sa cuillère dans le bol de soupe et la mange lentement.

– Oh ! Quel culot, il a cet homme ! pense la brave dame. Je lui apprendrais bien les bonnes manières!

Mais elle s’assied sur le côté de la table et charitablement le laisse manger un peu de sa soupe. Tirant un peu le bol à elle, elle plonge sa cuillère elle aussi, cherchant à partager au moins cette soupe avec lui.

L’homme retire doucement le bol vers lui et continue de manger.

La dame se remet à le tirer légèrement vers elle, pour pouvoir y avoir accès. Et ils finissent la soupe ainsi. Alors l’homme se lève, lui fait signe de patienter et revient avec une portion de frites énorme, qu’il partage avec elle, comme la soupe.

Enfin ils se saluent et la dame part aux toilettes. Mais quand elle revient, elle veut prendre son sac pour partir, et découvre qu’il n’est plus au pied de sa chaise.

« Ah ! J’aurais bien dû me méfier de cet homme ! »

Elle hurle dans tout le restaurant, criant au voleur, jusqu’ à ce que finalement on retrouve son sac, 

posé au pied d’une table où repose un bol de soupe froide.

Son bol auquel personne n’a touché

C’était elle qui s’était trompée de table et avait partagé le repas de l’homme !

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La grenouille 

Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille… Et puis : – Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. – La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude, et c’est un peu plus que n’apprécie la grenouille. Elle se fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. – L’eau est cette fois vraiment chaude, et la grenouille commence à trouver celà désagréable. Mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. – La température continue à monter, et la grenouille finit tout simplement par cuire. La grenouille est morte. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée de la marmite.

Cette expérience montre que lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.

A méditer …

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Deux grenouilles sont tombées dans un pot de crème. l’une d’elles perd espoir, l’autre ne se laisse pas aller.

La grenouille démoralisée et peureuse se découragea vite. “A quoi bon lutter, dit-elle. Je vais me fatiguer en vain. Autant en finir tout de suite. – Mais non, disait l’autre, nage, ne perds pas courage! On ne sait jamais, tâchons de gagner du temps… – Non, non, disait celle qui cèdait au découragement. Tant pis, j’abandonne… Et puis cette crème est écoeurante… Et elle se laissa couler et se noya.

L’autre grenouille continuait à se débattre de toutes ses forces. Elle essayait de grimper sur la paroi de la jarre, glissait, puis recommençait sans se lasser. La courageuse petite bête frappait, frappait la crème en détendant ses longues cuisses. “ je ne veux pas me noyer, se répétait-elle, je ne veux pas me noyer… Allons, encore un peu de courage.” Mais ses forces diminuaient. La tête commençait à lui tourner. “Vais-je vraiment me noyer? Se disait elle. Allons, encore un petit effort, peut être arriverai-je à me sauver tout de même… On n’a jamais vu une grenouille périr dans un pot de crème!” Et elle agitait, agitait ses pattes, malgré la fatigue qui l’envahissait, l’engourdissait, l’affaiblissait de plus en plus. La grenouille semblait perdue.

Et quelque chose changea, soudain. La crème n’était plus ni molle, ni liquide, la crème n’était plus crème, les pattes de la grenouille n’enfonçaient plus, mais pouvaient prendre appui sur une base solide. “Ouf!, soupira la grenouille à bout de forces. Et elle regarda autour d’elle:

elle était assise sur du beurre.

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L’âne au fonds du puits

Un jour, l’âne d’un fermier tombe dans un puits.

L’animal gémit pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demande que faire.

Il décide alors que l’animal est trop vieux et que le puits doit disparaître de toute façon: ce n’est pas rentable pour lui de récupérer l’âne.

Il invite tous ses voisins à venir l’aider. Tous se saisissent d’une pelle et commencent à combler le puits de terre.

Au début, l’âne réalise ce qui se passe et se met à braire terriblement. Puis à la stupéfaction générale il se tait.

Quelques pelletées plus tard, le fermier se penche vers  le fonds du puits et est ahuri de ce qu’il voit: à chaque pelletée de terre qui tombe sur lui, l’âne fait quelque chose d’incroyable : Il se secoue pour enlever la terre de son dos et grimpe dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuent à pelleter sur l’animal, il s’ébroue et remonte sur le tas de terre.

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Bientôt, chacun constate, ébahi que l’âne est hors du puits et se met à trotter : il est sauvé !

Moralité :quel que soit ce que la vie nous réserve, il ne faut jamais abandonner …Secouez- vous et foncez!

 

 Sur le pouvoir des mots…

Des cris, au bord de la rivière. Nasreddin, sur son âne, accourt. Un homme dans l’eau  se débat. Il boit, il éructe, il s’étouffe. Des gens accroupis sur la rive, lui tendent des perches, des bras.

Ils crient: ta main ! Donne ta main !

Mais l’autre ne veut rien entendre . Il s’enfonce, il s’agite en vain, il risque vraiment la noyade, et l’on s’égosille en vain .

Nasreddin descend de son âne, bouscule les gens et leur dit :

« Ecartez vous laissez moi faire »

II retrousse sa manche droite, il tend la main, il crie:

« Prends là »

Et l’autre, d’un élan s’agrippe . On le tire hors de l’eau. Sauvé!

On s’étonne. On se dit :

-Pourquoi, par tous les saints, n’a-t-il pas accepté notre aide, alors qu’un mot de  toi, Nasreddin,  a suffi pour qu’il veuille bien condescendre à sortir de son bouillon froid?

-Facile, répond le sauveteur. Cet homme je le connais bien ! Il est d’une avarice sordide

Tu lui dis : «Donne!, » il reste sourd

Il ne sait entendre que « Prends »

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La vie est une montagne que tous les êtres doivent gravir pour parvenir au sommet. Pour les bouddhistes le Nirvana, pour les chrétiens, le Paradis . Il y a une quantité de chemins pour l’atteindre. Dans un premier temps nos parents sont nos guides. Quels que soient leurs choix nous les suivons. Puis, vient le temps ou épris de liberté, adolescent, il arrive que nous l’abandonnions, pour suivre un autre sentier, sous l’influence des uns ou des autres.

Adultes, nous bifurquons, parfois vers une autre voie, nous suivons un nouveau guide qui nous a convaincu que son chemin est meilleur. Enfin, et plus souvent qu’on ne le pense ou nous nous fourvoyons, ou nous essayons de faire venir d’autres personnes sur notre sentier, persuadés que notre chemin est le meilleur. Enfin, nous pouvons conserver toute notre vie la même direction. Une seule chose est certaine, c’est que nous arriverons tous au même sommet, si nous y parvenons. C’est notre libre arbitre.

L’important n’est pas de changer de voie au fil des humeurs ou des modes. Si vous décidez de changer de voie, c’est parce que la vôtre ne vous convient plus et non parce que quelqu’un vous a influencé. En effet personne ne sait à l’avance si pour arriver au sommet tel ou tel autre chemin est plus facile ou ardu. Donc il serait malhonnête de dire à autrui : « Prenez mon sentier, il est meilleur que le vôtre », car nous n’en savons rien. Par contre si le nouveau  vous convient mieux que l’ancien, libre à vous de le prendre. Ne faisons pas de prosélytisme. La vie n’est pas un long fleuve tranquille mais impétueux, c’est une montagne à gravir, voilà pourquoi elle est rude pour tous. 

C’est pourquoi nous devons tendre une main secourable, aider autrui, car à nous aussi il nous arrivera d’avoir besoin d’une aide au cours de notre ascension. 

Tiré de « Les dits et non-dits du Bouddha et du Christ ou la Voie du Coeur » de Charles Regimbeau

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La jarre imparfaite.

 

Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux deux extrémités d’une pièce de bois, qui épousait la forme de ses épaules.

L’une des jarres était légèrement fêlée. Alors que le récipient de gauche conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du maître, la jarre de droite perdait la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route. 

Chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demie d’eau à chacun de ses voyages. 

Bien sûr, la cruche parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille. Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de sa mission. 

Un jour, la jarre endommagée s ‘adressa au porteur d’eau, au moment où celui –ci la remplissait à la source.

-Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser.

-Pourquoi ? demanda le porteur d’eau. De quoi as tu honte ?

-Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de la cargaison d’eau à notre maître, à cause de cet éclat qui fait fuir l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin , tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau . Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts, lui dit la jarre abîmée.

Le porteur d’eau fut touché par cet aveu, et, plein de compassion, répondit :

-Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu portes tes regards sur le bord du chemin. 

Au fur à mesure de leur montée sur le sentier, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au cœur. 

Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié de son eau. 

Le porteur d’eau dit à la jarre :

-T’es tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de ton côté ? Et presque aucune du côté de la jarre parfaite ?

C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau et j’en ai tiré parti. 

J’ai planté des semences de fleurs de ton côté du chemin, et chaque jour tu les as arrosées tout au long du chemin.

Grâce à toi, j’ai pu cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais, je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraiches et gracieuses.

Nous avons tous des éclats, des blessures, des défauts. Nous sommes tous des jarres abîmées. Certains d’entre nous sont diminués par la vieillesse, d’autres ne brillent pas par leur intelligence, d’autres sont trop grands, trop gros ou trop maigres, certains sont chauves, d’autres sont diminués physiquement, mais ce sont les éclats, les défauts en nous, qui rendent nos vies si intéressantes et exaltantes. 

                                           

Légende hindoue.

 

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  Les empreintes 

Depuis presque cent ans, le vieil homme marchait. Il avait traversé l’enfance, la jeunesse, mille joies et douleurs, mille espoirs et fatigues. Des femmes, des enfants, des pays, des soleils peuplaient encore sa mémoire. Il les avait aimés.

Ils étaient maintenant derrière lui, lointains, presque effacés.

Aucun ne l’avait suivi jusqu’à ce bout de monde où il était parvenu.

Il était seul désormais face au vaste océan.

Au bord des vagues il fit halte et se retourna. Sur le sable qui se perdait dans les brumes infinies, il vit alors l’empreinte de ses pas. Chacun était un jour de sa longue existence. Il les reconnut tous, les trébuchements, les passes difficiles, les détours et les marches heureuses, les pas pesants des jours où l’accablaient des peines. Il les compta. Pas un ne manquait. Il se souvint, sourit au chemin de sa vie.

Comme il se détournait pour entrer dans l’eau sombre qui mouillait ses sandales, il hésita soudain. Il lui avait semblé voir à côté de ses pas quelque chose d’étrange. À nouveau, il regarda. En vérité, il n’avait pas cheminé seul.

D’autres traces, tout au long de sa route, allaient auprès des siennes. Il s’étonna. Il n’avait aucun souvenir d’une présence aussi proche et fidèle. Il se demanda qui l’avait accompagné.

Une voix familière et pourtant sans visage lui répondit : “C’est moi”.

Il reconnut son propre ancêtre, le premier père de la longue lignée d’hommes qui lui avaient donné la vie, celui que l’on appelait Dieu. Il se souvint qu’à l’instant de sa naissance ce Père de tous les pères lui avait promis de ne jamais l’abandonner. Il sentit dans son cœur monter une allégresse ancienne et pourtant neuve. Il n’en avait jamais éprouvé de semblable depuis l’enfance.

Il regarda encore. Alors, de loin en loin, il vit le long ruban d’empreintes parallèles plus étroit, plus ténu. Certains jours de sa vie, la trace était unique. Il se souvint de ces jours. Comment les aurait-il oubliés ? C’étaient les plus terribles, les plus désespérés. Au souvenir de ces heures misérables entre toutes où il avait pensé qu’il n’y avait de pitié ni au ciel ni sur terre, il se sentit soudain amer, mélancolique.

“Vois ces jours de malheur, dit-il j’ai marché seul. Où étais-tu, Seigneur quand je pleurais sur ton absence ?”

“Mon fils, mon bien-aimé, lui répondit la voix, ces traces solitaires sont celles de mes pas. Ces jours où tu croyais cheminer en aveugle, abandonné de tous, j’étais là, sur ta route. Ces jours où tu pleurais sur mon absence, je te portais.

Conte d’Henri Gougaud

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« Dis-moi, combien pèse un flocon de neige? », demanda la mésange à la colombe

« Rien d’autre que rien »  fut la réponse

Et la mésange raconta alors à la colombe :  « J’étais sur une branche d’un sapin quand il se mit à neiger. Pas une tempête, non, juste comme un rêve, doucement, sans violence. Comme je n’avais rien de mieux à faire, je commençais à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me tenais. Il en tomba 3.751.952. Lorsque le 3.751.953ème tomba sur la branche – rien d’autre que rien comme tu l’as dit – celle-ci cassa. »

Sur ce, la mésange s’envola.

La colombe, une autorité en matière de paix depuis l’époque d’un certain Noé, réfléchit un moment et se dit finalement :  « Peut-être ne manque-t-il qu’une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix ! »

ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture),  texte publié sur une carte postale

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Un disciple découragé dit un jour au Baal Shem Tov:

-Plus je me rapproche de Dieu, et plus je Le sens qui s’éloigne 

Le Baal Shem Tov lui répondit :

– Il est comme le père qui apprend à marcher à son petit enfant: d’abord devant lui il le pose, puis il soutient ses premiers pas, l’enfant avance vers son père, son père le lâche, il recule et l’enfant trottine vers lui. Si Dieu s’éloigne son garçon, c’est qu’Il veut t’apprendre à marcher .

Tiré des « Petits contes de sagesse pour temps turbulents »

de Henri Gougaud

 

20euros 

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 euros

Il demande aux gens : Qui aimerait avoir ce billet ?  Les mains commencent à se lever alors il dit : Je vais donner ce billet de 20 euros à quelqu’un d’entre vous mais avant laissez moi faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :  Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?  Les mains continuent à se lever.

Bon, d’accord, mais que se passera-t-il si je fais cela. Il jette le billet froissé par terre et saute à pied joints dessus, l’écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.  Ensuite il demande : Qui veut encore avoir ce billet ?  Évidemment, les mains continuent de se lever !

Mes amis, vous venez d’apprendre une leçon…  Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n’a pas changé, il vaut toujours 20 euros.

Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou par les événements. Vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n’aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment !

La valeur d’une personne ne tient pas à ce que l’on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte.

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Conte sur nos projections.

Un homme téléphona à son médecin de famille:

-Ricardo c’est moi, Julian. je t’appelle parce que je suis inquiet pour Maria

– Que lui arrive-t-il?

– Elle devient sourde 

-Comment ça elle devient sourde?

-Oui, je t’assure, il faut que tu viennes la voir.

-Bon.La surdité n’est en général ni soudaine, ni aigüe. Amène la moi lundi en consultation et je l’examinerai.

-Mais tu crois qu’on peut attendre jusqu’à lundi?

-Comment t’es tu aperçu qu’elle ne t’entendait pas?

-Eh bien je l’appelle et elle ne répond pas 

-Ecoute, ce n’est sûrement pas grave, juste un bouchon dans l’oreille. nous allons faire une chose: nous allons évaluer le degré de surdité de Maria.     Où te trouves-tu?

-Dans la chambre.

-Et elle où est-elle?

-Dans la cuisine. 

-D’accord: appelle la d’où tu es.

-MARIAAAAAAA!…Non rien à faire. 

-Bon. Approche toi de la porte de la chambre et appelle la du couloir.

-MARIAAAAAA!…Non, rien à faire.

-Bon. Ne te désespère pas. Approche toi d’elle par le couloir tout en l’appelant pour voir a quel moment elle t’entend.

-MARIAAAAAA!…MARIAAAAAA!…MARIAAAAAAA!….Il n’y a rien a faire. Je suis devant la porte de la cuisine et je la vois. Elle me tourne le dos car elle est en train de faire la vaisselle, mais elle n’entend pas.            MARIAAAAAAA !….Rien à faire .

-Approche toi plus près. 

L’homme entre dans la cuisine, s’approche de Maria , met une main sur son épaule et lui crie à l’oreille: « MARIAAAAAAA! ….. »

Furieuse, l’épouse se retourne.  » Que veux tu à la fin? QUE VEUX-TU ?           QUE VEUX-TUUUUUU ?

Ca fait au moins 10 fois que tu m’appelles et 10 fois que je te réponds: « Que veux -tu? » Tu es de plus en plus sourd, je ne comprends pas que tu n’ailles pas voir le médecin une bonne fois pour toutes … »

Chaque fois que je vois quelque chose chez une autre personne, il serait bon que je me rappelle que ce que je vois, au moins, m’appartient aussi…

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Un homme tomba dans un précipice. Ses vêtements s’accrochèrent a la  branche d’un arbre qui poussait sur la paroi rocheuse. il resta suspendu dans le vide, à mi hauteur, risquant à tout instant d’être précipité dans le torrent impétueux qu’il apercevait en bas. Il leva les yeux au ciel et cria angoissé: 

-« Y-a-t-il quelqu’un la haut? »

 Une voix répondit aussitôt: « Que veux-tu? »

-« Dis moi ce que je dois faire ! » dit l’homme 

 -« Lâche prise, laisse toi tomber ! » ordonna la voix

L’homme réfléchit un instant, regarda de nouveau en bas, puis cria vers le ciel :

« Y a-t-il quelqu’un d’autre là haut ? »

A ce moment-là les racines de l’arbre se détachèrent de la terre….

Conte Soufi 

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Conte pour comprendre la paix

Il était une fois un roi qui avait promis une grande récompense à l’artiste qui saurait saisir à travers une peinture la paix la plus parfaite. Bien des artistes s’y essayèrent. Le roi admira et observa tous les tableaux, mais il ne s’en trouva que deux qui lui plaisent vraiment et il lui fallut choisir entre ces deux là.

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Le premier représentait un lac très calme comme un parfait miroir où se reflétaient tranquilles, les montagnes environnantes. Sur ces montagnes, on voyait un ciel très bleu avec des nuages blancs. Tous ceux qui regardaient ce tableau estimaient que vraiment il reflétait la paix parfaite.

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Le deuxième tableau, lui aussi représentait des montagnes, mais on les voyait chaotiques et déchirées. Au dessus d’elles, un ciel en colère donnait naissance à une violente averse  avec tonnerres et éclairs. On apercevait en bas de la montagne un torrent d’eau jaillissante qui grondait. Rien de paisible dans tout cela. 

Mais quand le roi eut observé le tableau, il vit derrière la cascade, un arbuste délicat qui poussait au coeur d’un rocher. Dans cet arbre il y avait un nid. Là dans le grondement de la violente chute d’eau un petit oiseau était tranquillement installé au milieu de son nid … la paix parfaite. Le roi choisit le deuxième tableau et il expliqua à ses sujets la raison de son choix:

La paix ne signifie pas que l’on se trouve dans un endroit dénué de bruit , de problèmes, de dur travail et de douleur. La paix signifie que malgré tout cela, nous restions calmes dans nos coeurs. Tel est je pense, le vrai sens de la paix. Quand nous trouverons a paix en nous mêmes nous aurons l’équilibre dans la vie .

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Conte sur les croyances

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Un homme trouva un oeuf d’aigle et le plaça dans un poulailler.

L’aiglon vint au monde avec une couvée de poussins et poursuivit sa croissance avec eux. Se prenant pour un poulet, l’aigle ne cessa d’imiter le comportement des gallinacés qui l’entouraient. Il grattait la terre afin d’y trouver des vers et des insectes. Il gloussait et caquetait. Il battait des ailes, ne s’élevant qu’à quelques centimètres du sol.

Les années passèrent et l’aigle devint très vieux.

Un jour il aperçut, volant dans le ciel sans nuages, un magnifique oiseau.

Avec une grâce majestueuse, ce dernier se laissait porter par les courants, agitant à peine ses puissantes ailes dorées.

Le vieil aigle le regardait, émerveillé.

– Quel est cet oiseau ? demanda-t-il.

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– C’est l’aigle, le roi des oiseaux, lui répondit un de ses compagnons. Il appartient au ciel. Nous, nous appartenons à la terre – nous sommes des poulets.

C’est ainsi que l’aigle, dans la certitude qu’il avait d’appartenir à la basse-cour, vécut et mourut en poulet.

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Conte sur la colère 

C’est l’histoire d’un petit garçon qui avait mauvais caractère.

Son père lui donna un sac de clous et lui dit qu’à chaque fois qu’il se mettrait en colère, il devrait planter un clou derrière la clôture. Le premier jour, le jeune garçon planta 37 clous derrière la clôture.

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Les semaines qui suivirent, à mesure qu’il apprenait à contrôler son humeur, il plantait de moins en moins de clous derrière la clôture… Il découvrit qu’il était plus facile de contrôler son humeur que d’aller planter des clous derrière la clôture…

Le jour vint où il contrôla son humeur toute la journée. Après en avoir informé son père, ce dernier lui suggéra de retirer un clou à chaque jour où il contrôlerait son humeur.

Les jours passèrent et le jeune homme pût finalement annoncer à son père qu’il ne restait plus aucun clou à retirer de la clôture. Son père le prit par la main et l’amena à la clôture. 

Il lui dit : « Tu as travaillé fort, mon fils, mais regarde tous ces trous dans la clôture. Elle ne sera plus jamais la même. À chaque fois que tu perds patience, cela laisse des cicatrices exactement comme celles-ci. 

Tu peux enfoncer un couteau dans un homme et le retirer, peu importe combien de fois tu lui diras être désolé, la cicatrice demeurera pour toujours.

Une offense verbale est aussi néfaste qu’une offense physique. 

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Conte sur la valeur du temps: le prix d’une heure de travail.

Un jour, un homme revenant du travail très tard, fatigué et agacé trouva son fils de 5 ans, à l’entrée de la porte.

– « Papa, je peux te poser une question ? » – « Qu’est-ce que c’est? » répondit l’homme. – « Papa, combien tu gagnes par heure ? «  – « Ce n’est pas ton problème! Pourquoi une question pareille ? »répondit l’homme, d’une façon agressive. – « Je veux juste savoir. S’il te plaît combien tu gagnes par heure? » – « Tu sais quoi? .. Je gagne 12 € par heure! » – « Ah! … » répondit le garçon, avec sa tête vers le bas. « Papa, prête-moi seulement 6 € … » Le père était furieux, – « C’est pour cette raison que tu demandais cela ? Penses-tu que c’est comme ça que tu peux obtenir de l’argent pour acheter des jouets ? Vite au lit dans ta chambre. Je travaille durement chaque jour pour de tels enfantillages ? » Le garçon restant silencieux, entre dans sa chambre et ferme la porte.

L’homme assis devient de plus en plus nerveux sur les questions de l’enfant. Comment ose-t-il poser ce genre de questions juste pour gagner de l’argent?  Une heure plus tard, l’homme se ressaisit et se dit : Peut-être qu’il avait vraiment besoin d’acheter quelque chose avec ces 6 € et après tout ce n’est pas dans ses habitudes.

L’homme alla à la chambre de l’enfant et ouvrit la porte. – « Tu dors, mon fils ? » demanda l’homme . – « Non papa, je suis éveillé » , répondit le gamin . – « Je pense que j ‘ai été trop dur avec toi mon fils. J’ai eu une journée très dure, à tel enseigne que je me suis déchargé sur toi.

Voici les 6 € que tu as demandé. » Le petit tout souriant s’écria …. – « Oh, merci papa! »

L’homme a vu que le gamin avait déjà de l’argent, et commença à se fâcher de nouveau. Le garçon comptait son argent doucement, puis regarda son père. – « Pourquoi voulais-tu plus d’argent si tu en avais déjà ? » – « Papa, c’est parce que je n’en avais pas assez. », répondit le gamin. – « Papa, maintenant j’ai 12 €. Puis-je acheter une heure de ton temps ?.S’il te plaît, arrive demain une heure avant à la maison.

J’aimerais dîner avec toi. »

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 Conte sur le sens que l’on met sur nos actions:

La fable des casseurs de pierres

En se rendant à Chartres, Charles Peguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Peguy s’arrête et demande :

– « Que faites vous, Monsieur ? »

– « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ».

Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente.  Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

– « Que faites vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Peguy.

– « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. »

Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pire que la mienne ».

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !

« Que faites-vous ?» demande Peguy

« Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale ! »

Cette fable est  attribuée à Charles Peguy.

   Conte sur la confiance en soi   

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Dans une petite ville vivait une jeune fille très pauvre.

Elle avait perdu son père et sa mère et elle tirait un maigre revenu de petits travaux artisanaux. Elle faisait de terribles complexes, parce qu’elle ne pouvait jamais porter de jolis vêtements ou le moindre bijou.

Le Noel de ses 18 ans, sa mère pour la première fois lui remit une bourse avec un peu d’argent, en lui disant de s’offrir ce qu’elle avait envie.

Une telle chance dépassait ses rêves les plus fous, mais elle n’osait toujours pas  se promener dans la vie avec assurance. En se dirigeant vers les magasins, la bourse serrée dans la main, elle longeait les murs pour éviter les passants.

Tout en cheminant, elle songeait que les gens qu’elle croisait avaient une vie meilleure qu’elle, et elle se disait tristement :

« Je ne pourrai jamais me promener ici la tête haute. Je suis la fille la plus minable de l’endroit. »

Apercevant alors le jeune homme qu’elle admirait en secret, elle se demanda avec mélancolie qui serait son cavalier au grand bal de la nuit de Noël.

Broyant ainsi du noir, elle arriva devant une vitrine pleine de toutes sortes de parures. Elle entra et tomba devant un rayon de barrettes. Un vendeur s’approcha : « Quels jolis cheveux blonds vous avez ! Essayez donc cette fleur vert pâle, elle vous irait à merveille ». Comme celle-ci coûtait presque tout l’argent dont la jeune fille disposait, elle répondit : « Je ne peux pas me l’offrir n’en parlons plus. »Mais le vendeur avait déjà fixé sa barrette sur sa chevelure.

Il lui tendit un miroir. Elle ne s’était jamais vue ainsi: rayonnante de santé et de beauté, comme si la fleur l’avait transformée en ange ! Sans hésiter un instant, elle ouvrit sa bourse et acheta l’ornement. Ivre d’une exaltation qu’elle n’avait jamais éprouvée jusqu’alors, elle ramassa la monnaie et se précipita dehors, heurtant un vieil homme qui venait d’entrer. Elle crut l’entendre l’appeler, mais trop excitée pour s’en soucier, elle poursuivit son chemin, les pieds touchant à peine le sol.

Lorsqu’elle revint à elle, elle se trouvait dans la Grand –Rue. Tout le monde lui jetait des regards surpris et elle entendit des gens s’exclamer : « Je ne savais pas qu’il y avait une aussi jolie fille dans cette ville !Qui sont donc ses parents ? »

Elle croisa à nouveau le jeune homme qu’elle aimait en secret et, a sa grande surprise, il l’arrêta pour lui demander : « Me feriez vous l’honneur d’être ma cavalière au bal de ce soir ? »Transportée de joie, la jeune fille se dit :« Pour une fois je vais faire des folies! Je retourne m’acheter un autre cadeau avec la monnaie qui me reste. »

A peine eut-elle franchi la porte du magasin que le vieil homme lui dit avec un sourire : «J’étais sûr que vous reviendriez !Quand vous m’avez heurté votre barrette est tombée. J’ai donc attendu que vous reveniez la chercher…. »

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Ainsi s’achève cette histoire. La jolie pince à cheveux n’avait pas dissipé toute la tristesse de la vie de la jeune fille, mais sa nouvelle confiance en soi l’avait transformée.